Retour vers la page d'accueil Le bilan de l' environnement industriel en Rhône-Alpes
  L' air
   

 

Avant - propos
Introduction
1 - L' inspection
2 - Les risques industriels
3 - L' air
3.1 - Enjeux
3.2 - Réglementation
3.3 - PRQA
3.4 - Surveillance
3.5 - Principales émissions 3.6 - Actions DRIRE
3.7 - Investissements 4 - L' eau
5 - Les déchets
6 - Les sols pollués
7 - Les carrières
8 - Le nucléaire
9 - La concertation
Glossaire
Annexes

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3.1 - Enjeux

 

 

1.3.1 Origine et nature de la pollution de l’air


On appelle pollution de l’air toute modification de l’atmosphère due à l’introduction de substances dangereuses pour la santé humaine, l’environnement ou le patrimoine. Ces substances ou polluants résultent à la fois de phénomènes naturels et d’activités humaines diverses (industrie, transport…). Biologiques ou chimiques, gazeux ou particulaires, minéraux ou organiques, les polluants sont eux-mêmes très variés.

 

Des polluants sont toujours présents dans l’air, dans les différentes couches de l’atmosphère, même si jusqu’à 80 km d’altitude, on constate que la composition globale de l’air sec varie très peu. A haute altitude (stratosphère), les gaz à effet de serre piègent le rayonnement thermique solaire et l’ozone filtre les ultraviolets. L’évolution de la teneur en gaz carbonique, principal responsable de l’effet de serre, constitue ainsi un exemple de pollution atmosphérique.

 


C’est dans la troposphère, du sol à 10 km, que les principaux phénomènes de pollution sont observés. A cette échelle, on observe les différentes phases du processus de pollution :

 

émission : les polluants sont directement émis dans l’air. On distingue en général les sources fixes

(cheminées d’usine) des sources mobiles (véhicules) ;


transport et dispersion : les polluants sont disséminés sous l’effet des phénomènes météorologiques (vent, pluie, différences de températures…) et de la topographie de la zone (présence ou non de relief) ;


transformation des polluants en espèces chimiques nouvelles (ainsi l’acidification qui transforme les oxydes de soufre et d’azote en leurs acides correspondants ou la pollution photochimique, plus complexe) ;


élimination ou accumulation dans l’atmosphère.

 

Les polluants d’origine industrielle sont avant tout responsables d’une pollution de proximité qui affecte en premier lieu la santé des populations lors des pics de pollution, mais participe aussi à la dégradation du patrimoine bâti et entraîne le plus souvent des nuisances olfactives. A l’échelle régionale, le transport et la transformation des substances oxydantes sont à l’origine des pluies acides. L’émission de substances précurseurs de la pollution photochimique (solvants, rejets de combustion…) est également imputable pour partie aux activités industrielles. Enfin, comme d’autres activités humaines, l’industrie participe à l’effet de serre.

 

RÉPARTITION DES ÉMISSIONS ENTRE SOURCES FIXES/TRANSPORTS* (EN TONNES)
  TRANSPORTS

SOURCES FIXES

 

SO2 16905 54578
NOx 116435 40225
COVNM 117486 135093
CO 619856 208956
CO2 13136000 22475000
NH3 313 38669

Source : PRQA. Emissions 1994 selon inventaire du CITEPA

RÉPARTITION DES ÉMISSIONS DES SOURCES FIXES
PAR SECTEUR D’ACTIVITÉ* (EN TONNES)
  INDUSTRIE RESIDENTIEL TERTIAIRE AGRICULTURE
SO2 44389 9358 813
NOx 24293 7554 8337
COVNM 65644 34511 31222
CO 29490 157468 20554
CO2 11220000 10641000 593000
NH3 477 0 38192

Source : PRQA. Emissions 1994 selon inventaire du CITEPA

 

 

 

Les principaux polluants concernés, ainsi que la part de l’industrie par rapport à l’ensemble des autres secteurs émetteurs, sont les suivants :

 

 

 

EFFETS DE LA QUALITÉ DE L’AIR
POLLUANTS   IMPACT SANITAIRE
Ozone O3 Gênes respiratoires, irritations des yeux et dela gorge, diminution de la capacité respiratoire.
Dioxyde d’azote NO2 Affections de l’appareil respiratoire et augmentation de la sensibilité aux infections microbiennes.
Plomb Pb Toxique neurologique, hématologique et rénal.
Il peut entraîner des troubles du développement cérébral de l’enfant et des perturbations psychologiques.
Dioxyde de soufre SO2 Augmentation des symptômes respiratoires aigus chez l’adulte (toux, gêne respiratoire). Altération de la fonction respiratoire chez l’enfant (baisse de capacité respiratoire, excès de toux ou crise d’asthme). Troubles cardio-vasculaires.
Poussières Poussières Irritations et affections respiratoires, troubles cardiovasculaires (en association avec SO2). Les particules diesel fixent des composés organiques potentiellement cancérogènes et mutagènes.
Monoxyde de carbone
CO Les effets aigus du CO sont bien connus : céphalée, grande fatigue, vertige et nausée. A long terme, effets cardio-vasculaires.
Benzène C6H6 Les effets aigus portent atteinte au système nerveux central (fatigue, maux de tête, vertige, etc.) et provoquent une irritation des voies respiratoires et des yeux. En toxicité chronique, le benzène peut provoquer des leucémies.
Dioxines et furanes PCDD, PCDF Affection cutanée à forte dose. Risques tératogènes (malformations) et cancérogènes suspectés, en cas de forte exposition.

 

 

les poussières (combustion du fioul et du charbon, voitures, carrières, cimenteries, métallurgie…) ;


le dioxyde de soufre (combustion du fioul et du charbon) : 62 % ;


les oxydes d’azote (installations de combustion, voitures) : 16 % ;


les composés organiques volatils non méthaniques (vapeurs d’hydrocarbures, de peintures et de solvants) : 26 % ;

 

l’acide chlorhydrique (incinération de déchets ménagers et industriels, combustion de certains charbons) ;

 

les produits fluorés ;

 

les métaux lourds (combustion du charbon, incinération des déchets, voitures…) ;

 

le monoxyde de carbone : 4 % ;

 

le dioxyde de carbone : 32 % ;

 

l’ozone.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1.3.2 Effets de la qualité de l’air

 

Chacun des polluants a des effets ciblés sur la santé, effets aigus (à court terme) et effets chroniques (à long terme), effets à seuil (niveau en dessous duquel il n’existe pas d’effet observable) ou sans seuil connu.

 

Les études épidémiologiques réalisées, en particulier l’étude “9 villes” pour la ville de Lyon, montrent l’impact négatif sur la santé humaine de la pollution atmosphérique liée notamment au trafic automobile et aux rejets de l’industrie : accroissement des maladies, de l’asthme et du taux de mortalité chez les personnes les plus sensibles.Cependant, les connaissances sont insuffisantes sur les conséquences d’expositions à long terme, supposées induire des risques faibles au niveau de l’individu mais importants à l’échelle des populations. Une des difficultés dans l’étude de ces effets tient au fait que les personnes sont souvent exposées simultanément à plusieurs polluants, la composition du mélange variant avec les différents lieux de vie (domicile, voiture, travail, extérieur…).

 

 


D’après une étude conduite sur 28 unités urbaines de la région Rhône-Alpes de 1994 à 1996, il a été possible d’attribuer aux effets de la pollution atmosphérique :


75 décès précipités/an dont 47 pour des affectations cardio-vasculaires et 28 pour affectations respiratoires préexistantes ;

 

30 hospitalisations pour asthme ;


174 hospitalisations pour d’autres affections respiratoires.


La problématique de santé publique ne doit pas occulter celle de l’environnement et il est important de garder en mémoire certains événements ou constats récents dus aux polluants atmosphériques (oxydes de soufre et d’azote, ozone, métaux lourds, poussières…) comme les pluies acides et le dépérissement forestier, l’acidification des sols et des eaux (baisse de rendement des cultures), la contamination des zones proches de voies de communication, la dégradation des monuments…

 

 

  Edition 2002