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1.3.1 Origine et nature de la pollution de lair
On appelle pollution de lair toute modification de latmosphère
due à lintroduction de substances dangereuses pour la santé
humaine, lenvironnement ou le patrimoine. Ces substances ou polluants
résultent à la fois de phénomènes naturels
et dactivités humaines diverses (industrie, transport
).
Biologiques ou chimiques, gazeux ou particulaires, minéraux ou
organiques, les polluants sont eux-mêmes très variés.
Des polluants sont toujours présents dans lair, dans les
différentes couches de latmosphère, même si
jusquà 80 km daltitude, on constate que la composition
globale de lair sec varie très peu. A haute altitude (stratosphère),
les gaz à effet de serre piègent le rayonnement thermique
solaire et lozone filtre les ultraviolets. Lévolution de la teneur
en gaz carbonique, principal responsable de leffet de serre, constitue
ainsi un exemple de pollution atmosphérique.
Cest dans la troposphère, du sol à 10 km, que les
principaux phénomènes de pollution sont observés.
A cette échelle, on observe les différentes phases du processus
de pollution :
émission : les polluants sont directement émis dans lair.
On distingue en général les sources fixes
(cheminées
dusine) des sources mobiles (véhicules) ;
transport et dispersion : les polluants sont disséminés
sous leffet des phénomènes météorologiques
(vent, pluie, différences de températures
) et de la
topographie de la zone (présence ou non de relief) ;
transformation des polluants en espèces chimiques nouvelles (ainsi
lacidification qui transforme les oxydes de soufre et dazote
en leurs acides correspondants ou la pollution photochimique, plus complexe)
;
élimination ou accumulation dans latmosphère.
Les polluants dorigine industrielle sont avant tout responsables
dune pollution de proximité qui affecte en premier lieu la
santé des populations lors des pics de pollution, mais participe
aussi à la dégradation du patrimoine bâti et entraîne
le plus souvent des nuisances olfactives. A léchelle régionale,
le transport et la transformation des substances oxydantes sont à
lorigine des pluies acides. Lémission de substances
précurseurs de la pollution photochimique (solvants, rejets de combustion
) est également
imputable pour partie aux activités industrielles. Enfin, comme dautres activités humaines, lindustrie
participe à leffet de serre.
| RÉPARTITION DES ÉMISSIONS ENTRE SOURCES FIXES/TRANSPORTS* (EN TONNES)
|
| |
TRANSPORTS |
SOURCES FIXES
|
| SO2 |
16905 |
54578 |
| NOx |
116435 |
40225 |
| COVNM |
117486 |
135093 |
| CO |
619856 |
208956 |
| CO2 |
13136000 |
22475000 |
| NH3 |
313 |
38669 |
Source : PRQA. Emissions 1994 selon inventaire du CITEPA
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RÉPARTITION DES ÉMISSIONS DES SOURCES FIXES
PAR SECTEUR DACTIVITÉ* (EN TONNES) |
| |
INDUSTRIE |
RESIDENTIEL TERTIAIRE |
AGRICULTURE |
| SO2 |
44389 |
9358 |
813 |
| NOx |
24293 |
7554 |
8337 |
| COVNM |
65644 |
34511 |
31222 |
| CO |
29490 |
157468 |
20554 |
| CO2 |
11220000 |
10641000 |
593000 |
| NH3 |
477 |
0 |
38192 |
Source : PRQA. Emissions 1994 selon inventaire du CITEPA
|
Les principaux polluants concernés, ainsi que la part de lindustrie par rapport à lensemble des autres secteurs
émetteurs, sont les suivants :
| |
| EFFETS DE LA QUALITÉ DE LAIR |
| POLLUANTS |
|
IMPACT SANITAIRE |
| Ozone |
O3 |
Gênes respiratoires, irritations des yeux et dela gorge, diminution de la capacité respiratoire. |
| Dioxyde dazote |
NO2 |
Affections de lappareil respiratoire et augmentation de la sensibilité aux infections microbiennes. |
| Plomb |
Pb |
Toxique neurologique, hématologique et rénal.
Il peut entraîner des troubles du développement cérébral de lenfant et des perturbations psychologiques. |
| Dioxyde de soufre |
SO2 |
Augmentation des symptômes respiratoires aigus chez ladulte (toux, gêne respiratoire). Altération de la fonction respiratoire chez lenfant (baisse de capacité respiratoire, excès de toux ou crise dasthme). Troubles cardio-vasculaires. |
| Poussières |
Poussières |
Irritations et affections respiratoires, troubles cardiovasculaires (en association avec SO2). Les particules diesel fixent des composés organiques potentiellement cancérogènes et mutagènes. |
Monoxyde de carbone
|
CO |
Les effets aigus du CO sont bien connus : céphalée, grande fatigue, vertige et nausée. A long terme, effets cardio-vasculaires. |
| Benzène |
C6H6 |
Les effets aigus portent atteinte au système nerveux central (fatigue, maux de tête, vertige, etc.) et provoquent une irritation des voies respiratoires et des yeux. En toxicité chronique, le benzène peut provoquer des leucémies. |
| Dioxines et furanes |
PCDD, PCDF |
Affection cutanée à forte dose. Risques tératogènes (malformations) et cancérogènes suspectés, en cas de forte exposition.
|
|
|
les poussières (combustion du fioul et du charbon, voitures,
carrières, cimenteries, métallurgie
) ;
le dioxyde de soufre (combustion du fioul et du charbon) : 62 % ;
les oxydes dazote (installations de combustion, voitures) : 16 % ;
les composés organiques volatils non méthaniques (vapeurs dhydrocarbures, de peintures et de solvants) : 26 % ;
lacide chlorhydrique (incinération de déchets ménagers
et industriels, combustion de certains charbons) ;
les produits fluorés ;
les métaux lourds (combustion du charbon, incinération
des déchets, voitures
) ;
le monoxyde de carbone : 4 % ;
le dioxyde de carbone : 32 % ;
lozone.
1.3.2 Effets de la qualité de lair
Chacun des polluants a des effets ciblés sur la santé, effets
aigus (à court terme) et effets chroniques (à long terme),
effets à seuil (niveau en dessous duquel il nexiste pas deffet
observable) ou sans seuil connu.
Les études épidémiologiques réalisées, en particulier
létude 9 villes pour la ville de Lyon, montrent
limpact négatif sur la santé humaine de la pollution
atmosphérique liée notamment au trafic automobile et aux
rejets de lindustrie : accroissement des maladies, de lasthme
et du taux de mortalité chez les personnes les plus sensibles.Cependant, les connaissances sont insuffisantes sur les conséquences
dexpositions à long terme, supposées induire des risques
faibles au niveau de lindividu mais importants à léchelle
des populations. Une des difficultés dans létude de
ces effets tient au fait que les personnes sont souvent exposées
simultanément à plusieurs polluants, la composition du mélange
variant avec les différents lieux de vie (domicile, voiture, travail, extérieur
).
Daprès une étude conduite sur 28 unités urbaines
de la région Rhône-Alpes de 1994 à 1996, il a été
possible dattribuer aux effets de la pollution atmosphérique :
75 décès précipités/an dont 47 pour des
affectations cardio-vasculaires et 28 pour affectations respiratoires
préexistantes ;
30 hospitalisations pour asthme ;
174 hospitalisations pour dautres affections respiratoires.
La problématique de santé publique ne doit pas occulter
celle de lenvironnement et il est important de garder en mémoire
certains événements ou constats récents dus aux polluants
atmosphériques (oxydes de soufre et dazote, ozone, métaux
lourds, poussières
) comme les pluies acides et le dépérissement
forestier, lacidification des sols et des eaux (baisse de rendement
des cultures), la contamination des zones proches de voies de communication,
la dégradation des monuments
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