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La région Rhône-Alpes occupe une place importante et ancienne
en matière dimplantations industrielles notamment celles
à vocation chimique et pétrolière. Les choix qui,
en leur temps, avaient prévalu à leur localisation, ont
conduit, pour des raisons énergétiques ou géographiques,
à privilégier quelques sites : Vallée du Rhône
au sud de Lyon, sud de Grenoble, Vallée de la Maurienne
Mais
ce qui était un atout alors sest parfois transformé
en contrainte, au fur et à mesure du développement de lurbanisation
à proximité de ces sites industriels, qui dusines
à la campagne sont devenues usines en ville.
Parallèlement à cette modification du paysage industriel,
la nature même de ces activités allait vers plus de complexité,
de diversité et leur volume saccroissait.
Cette transformation technologique, facteur de progrès, sest
accompagnée dun accroissement des risques en cas daccident.
Si cette évolution nest pas récente, la prise de conscience
collective de ces risques ne sest faite quà la suite
daccidents industriels particulièrement graves, tels que
ceux survenus à MEXICO ou à BHOPAL ayant affecté
de grandes zones urbanisées à proximité de sites
industriels.
Laccident de SEVESO survenu en Italie en 1976 a posé le problème
des risques technologiques majeurs au plan européen puis a conduit
à ladoption de la directive du 24 juin 1982 concernant les
risques daccidents majeurs de certaines activités industrielles,
dite directive SEVESO, amendée deux fois en mars 1987
puis novembre 1988.
La refonte de cette directive, engagée à la fin des années
80, a abouti le 14 janvier 1997 à la publication au Journal Officiel
des Communautés Européennes de la directive du 9 décembre
1996 concernant la maîtrise des dangers liés aux accidents
majeurs impliquant des substances dangereuses, communément
désignée aujourdhui : directive SEVESO 2.
Cette nouvelle directive constitue le cadre daction rénové
de la réglementation des établissements à risques.
Son titre à lui seul résume une évolution majeure
entre ces deux textes. En effet, si la première directive invitait
les Etats-membres à focaliser leur attention sur certaines activités
industrielles limitativement énumérées, la seconde
invite à élargir le regard, le champ réglementaire
devenant en fait lensemble des installations où sont stockées
ou mises en uvre des substances dangereuses, en pratique létablissement
dans son entier.
Concrètement, la directive Seveso 2 conduit dune part à
poursuivre les actions déjà engagées, dautre
part à mettre laccent sur deux points :
chaque établissement doit mettre en place une politique
de prévention des accidents majeurs. Les établissements
les plus importants sont de surcroît tenus de pouvoir démontrer
que cette politique est appliquée. A cette fin, ils doivent mettre
en place un système de gestion de la sécurité
;
de leur côté, les autorités compétentes
doivent planifier de façon systématique linspection
de ces établissements.Ces inspections pouvant continuer à
porter sur les dispositions techniques mises en place pour parer aux accidents
majeurs, mais aussi sur le système de gestion de la sécurité.
Au plan national, le Ministère de lEnvironnement a achevé la transposition
de la directive Seveso 2 en 2000 en publiant le dispositif
réglementaire français correspondant à :
une révision de la nomenclature des installations classées
et une mise en cohérence avec les seuils hauts de la directive
Seveso 2 (décret du 28 décembre 1999) ;
une modification du décret de procédure installations
classées sur différents points ;
un arrêté ministériel en date du 10 mai 2000, transposant
les seuils bas de la directive ainsi que les obligations relatives à
lorganisation à mettre en place pour mieux gérer la
sécurité dans les établissements concernés
;
une circulaire daccompagnement de larrêté,
détaillant linterprétation à donner à certaines dispositions
à prendre en application des textes précités.
Au plan régional, la DRIRE Rhône-Alpes a engagé en
2000 et poursuivi en 2001 les travaux nécessaires à la concrétisation,
sur le terrain, de lapplication de Seveso 2.
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